Norme complémentaire

Norme relative aux Paysages Alimentaires Communautaires

Une norme pratique destinée à guider le développement d'espaces publics appropriés en paysages communautaires productifs, inclusifs et résilients.

1. Objectif

La Norme relative aux Paysages Alimentaires Communautaires complète le Cadre National des Paysages Communautaires en fournissant des orientations pour le développement responsable de paysages publics susceptibles de contribuer à la résilience alimentaire, à la gestion environnementale, à la santé publique et à la participation citoyenne.

Cette Norme n'a pas pour objectif d'imposer un modèle paysager unique. Elle propose une approche structurée permettant d'évaluer, de concevoir et de gérer des espaces publics appropriés selon les conditions locales, les priorités communautaires et les objectifs de durabilité à long terme.

2. Champ d'application

Cette Norme s'applique aux espaces publics appropriés, aux terrains gérés par la communauté, aux partenariats scolaires, aux paysages soutenus par les collectivités locales ainsi qu'à tout autre site approuvé où des composantes alimentaires ou des aménagements comestibles peuvent être envisagés.

Elle peut inclure des jardins potagers, des jardins d'herbes aromatiques, des vergers, des forêts nourricières, des paysages composés de plantes alimentaires indigènes, des espaces de culture communautaires, des jardins éducatifs et des paysages productifs multifonctionnels.

3. Objectifs principaux

Résilience alimentaire

Renforcer la capacité locale à produire, partager et mieux comprendre l'alimentation dans un cadre communautaire.

Valeur environnementale

Améliorer la santé des sols, la biodiversité, le couvert végétal, les habitats des pollinisateurs et la résilience écologique.

Participation communautaire

Créer des occasions concrètes permettant aux résidents, écoles, bénévoles et organisations de contribuer au bien-être de leur communauté.

Santé publique

Favoriser des environnements plus sains, les activités de plein air, les liens sociaux et le bien-être communautaire.

4. Principes directeurs

  • La participation doit demeurer volontaire.
  • Les parcs, aires de jeux et installations sportives existants ne devraient pas être remplacés lorsqu'ils répondent à un besoin communautaire important.
  • Le choix des paysages doit refléter les conditions environnementales locales.
  • La production alimentaire constitue un bénéfice parmi d'autres, et non l'objectif unique.
  • Les projets doivent être accessibles, inclusifs et soutenus par la communauté.
  • La gestion à long terme doit être prise en compte avant toute mise en œuvre.
  • La sécurité alimentaire, la biosécurité et la sécurité publique doivent être intégrées à la gouvernance locale.
  • Les projets devraient être évalués et améliorés de manière continue.

5. Classification des paysages

Type A : Jardins communautaires

Espaces de culture de légumes, d'herbes aromatiques ou de petites productions favorisant la participation active et l'éducation.

Type B : Vergers communautaires

Plantations d'arbres fruitiers ou à noix conçues pour offrir une valeur environnementale, éducative et communautaire durable.

Type C : Forêts nourricières

Paysages productifs multicouches associant arbres, arbustes, couvre-sols et éléments favorisant la biodiversité.

Type D : Paysages alimentaires indigènes

Plantations de végétaux alimentaires indigènes adaptés aux conditions locales, favorisant la biodiversité, l'éducation culturelle et la restauration écologique.

6. Critères d'évaluation des sites

Avant la création d'un Paysage Alimentaire Communautaire, les collectivités ou organismes responsables devraient évaluer le site proposé selon des critères pratiques de faisabilité.

  • Ensoleillement et zones d'ombre.
  • Qualité des sols et risques de contamination.
  • Disponibilité en eau.
  • Usages actuels de l'espace public.
  • Accessibilité et sécurité.
  • Présence de riverains et soutien communautaire.
  • Besoins d'entretien.
  • Risques liés à la biosécurité et aux espèces envahissantes.
  • Impacts sur la faune et la biodiversité.
  • Capacité de gouvernance à long terme.

7. Cadre de sélection des paysages

Le modèle paysager retenu devrait être déterminé selon les caractéristiques du site, les besoins de la communauté et les capacités de gestion à long terme.

Lorsque les arbres sont adaptés au site, des vergers ou des forêts nourricières peuvent être envisagés. Dans le cas contraire, des jardins potagers, des jardins d'herbes aromatiques, des jardins alimentaires indigènes, des jardins favorisant les pollinisateurs ou des jardins éducatifs peuvent offrir une valeur plus importante.

Lorsque la production alimentaire n'est pas appropriée, le site peut néanmoins contribuer au Cadre grâce à des projets de restauration environnementale, de biodiversité ou d'amélioration des espaces ombragés.

8. Considérations de conception

Accessibilité

La conception devrait favoriser un accès sûr, inclusif et adapté aux personnes de tous âges et de toutes capacités.

Visibilité

Les sites devraient être suffisamment visibles afin de favoriser l'appropriation communautaire et de limiter les actes de dégradation.

Efficacité de l'utilisation de l'eau

Le paillage, le choix d'espèces adaptées et une conception économe en eau devraient être privilégiés.

Sécurité publique

Les chemins, la signalisation, les zones de récolte et l'aménagement devraient limiter les risques raisonnablement prévisibles.

9. Participation communautaire

Les Paysages Alimentaires Communautaires devraient être développés avec une participation locale significative. Celle-ci peut inclure les résidents, les établissements scolaires, les organisations communautaires, les groupes environnementaux, les organismes de sécurité alimentaire, les entreprises et les bénévoles.

Cette participation devrait favoriser la gestion communautaire, l'éducation, le développement de compétences pratiques et le renforcement des liens de voisinage, sans transférer des responsabilités déraisonnables aux bénévoles.

10. Gestion communautaire & gouvernance

Chaque Paysage Alimentaire Communautaire devrait disposer d'un dispositif clair de gestion avant sa mise en œuvre. La gouvernance devrait définir les responsabilités, les attentes en matière d'entretien, les procédures de suivi, les mesures de sécurité et les mécanismes d'évaluation.

Selon l'ampleur du projet, cette responsabilité peut être assurée par une collectivité locale, un coordinateur communautaire, un établissement scolaire, un groupe de gestion ou une organisation communautaire agréée.

11. Sécurité alimentaire & responsabilité publique

Les Paysages Alimentaires Communautaires doivent intégrer la sécurité alimentaire de manière pratique et proportionnée.

  • Une signalisation claire devrait rappeler aux utilisateurs de laver les produits avant leur consommation.
  • Les aliments destinés à des dons devraient être manipulés conformément aux procédures locales applicables.
  • Toute suspicion de contamination, de vandalisme ou d'insalubrité devrait être signalée et traitée rapidement.
  • Les modalités de récolte devraient être adaptées aux capacités locales et aux considérations de sécurité.

12. Indicateurs de réussite

Environnement

Amélioration des sols, croissance de la végétation, biodiversité, activité des pollinisateurs et développement du couvert végétal.

Communauté

Participation des bénévoles, implication des établissements scolaires, partenariats locaux et satisfaction des résidents.

Résilience alimentaire

Récoltes réalisées, produits partagés, activités d'éducation alimentaire et partenariats de soutien alimentaire.

Gouvernance

Continuité de la gestion, qualité du suivi, sécurité et réalisation des évaluations annuelles.